Lorsqu’un accident survient sur le lieu de travail ou durant un trajet professionnel, la priorité est votre santé, mais la question du maintien de vos revenus se pose rapidement. Contrairement à un arrêt maladie classique, l’indemnisation d’un accident du travail (AT) suit des règles spécifiques, souvent plus avantageuses. Maîtriser le calcul des IJSS en accident du travail vous permet d’anticiper précisément le montant de vos revenus durant votre convalescence.
Sommaire
La méthode de calcul des indemnités journalières
Le calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) compense votre perte de salaire. Une spécificité majeure distingue l’accident du travail de la maladie ordinaire : il n’existe aucun délai de carence. L’indemnisation débute dès le lendemain de l’accident, le jour de l’événement restant à la charge de votre employeur.
Déterminer le salaire journalier de référence (SJR)
Pour établir la base de calcul, vous devez identifier votre salaire journalier de référence. Si vous êtes mensualisé, prenez le montant de votre salaire brut du mois civil précédant l'arrêt. Divisez ce montant par un coefficient fixe de 30,42, qui représente la moyenne des jours dans un mois sur une année.
Ce salaire brut est plafonné. La base retenue ne peut dépasser 0,834 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Pour l'année en cours, ce plafond s'élève à 400,82 € par jour. Si votre salaire brut quotidien excède cette limite, c'est ce montant maximal qui servira de base au calcul.
Le passage du brut au net : le gain journalier net
Une fois le salaire journalier de référence obtenu, la Sécurité sociale applique un abattement forfaitaire de 21 % pour se rapprocher de votre salaire net. Ce taux couvre la part moyenne des cotisations sociales et contributions salariales. Le résultat obtenu est le "gain journalier net", qui sert de base aux pourcentages d'indemnisation.
Les taux d'indemnisation selon la durée de l'arrêt
Le montant de votre indemnité évolue avec la durée de votre arrêt. Ce système soutient les travailleurs dont l'incapacité se prolonge, en augmentant progressivement la prise en charge.

Du 1er au 28e jour d'arrêt
Durant les quatre premières semaines, le taux d'indemnisation est fixé à 60 % du gain journalier net. Le montant versé est plafonné à environ 240,49 € par jour. Cette somme est versée chaque jour, incluant les week-ends et les jours fériés.
À partir du 29e jour d'arrêt
Si votre arrêt de travail dépasse 28 jours, le taux de l'indemnité journalière est majoré à 80 % du gain journalier net. Cette hausse automatique compense la baisse de revenus sur le long terme. Ce taux reste appliqué jusqu'à votre guérison complète ou la consolidation de votre état de santé.
Cette structure garantit une protection sociale renforcée au fil du temps. Contrairement au régime général de la maladie, le dispositif AT limite la perte de pouvoir d'achat en se rapprochant davantage de votre salaire net initial à mesure que l'incapacité perdure.
Démarches et conditions pour percevoir les IJSS
Le versement des indemnités nécessite une procédure administrative rigoureuse impliquant le salarié et l'employeur.
Les obligations déclaratives
Dès l'accident, informez votre employeur sous 24 heures. Celui-ci doit vous remettre une feuille d'accident, vous permettant de bénéficier du tiers payant pour vos soins. L'employeur dispose ensuite de 48 heures pour déclarer l'accident à la CPAM.
Pour déclencher le calcul des IJSS, votre employeur doit transmettre une attestation de salaire à la CPAM. Sans ce document, le versement des indemnités est suspendu.
La reconnaissance du caractère professionnel
La CPAM instruit le dossier pour valider le caractère professionnel de l'accident. Durant cette période, elle peut verser des indemnités provisionnelles basées sur le taux de la maladie classique (50 %). Une fois l'accident officiellement reconnu, une régularisation est effectuée pour vous verser le complément correspondant aux taux de 60 % ou 80 %.
Traitement en paie, fiscalité et prélèvements sociaux
Les IJSS ne sont pas des salaires mais des revenus de remplacement, ce qui modifie leur traitement social et fiscal.
| Type de prélèvement | Taux applicable | Observations |
|---|---|---|
| CSG | 6,2 % | Prélevée par la CPAM |
| CRDS | 0,5 % | Prélevée par la CPAM |
| Impôt sur le revenu | 50 % imposable | Seule la moitié est soumise à l'impôt |
| Cotisations sociales | Exonération | Pas de cotisations vieillesse ou chômage |
La subrogation et le maintien de salaire
De nombreuses entreprises pratiquent la subrogation. L'employeur vous maintient tout ou partie de votre salaire et perçoit directement les IJSS à votre place. Cela vous évite un décalage de trésorerie lié aux délais de traitement de la Sécurité sociale.
L'indemnité complémentaire
Selon votre convention collective ou le Code du travail, vous pouvez percevoir une indemnité complémentaire. Si vous justifiez de l'ancienneté requise, l'employeur complète les IJSS pour atteindre jusqu'à 90 % de votre rémunération brute habituelle. Le service paie déduit alors les IJSS brutes du montant garanti pour éviter tout surpaiement.
Exemple concret de calcul
Prenons un salarié avec un salaire brut de 2 500 € par mois, en arrêt durant 40 jours.
- Salaire journalier de référence (SJR) : 2 500 / 30,42 = 82,18 €
- Gain journalier net : 82,18 - 21 % = 64,92 €
- Indemnité (jours 1 à 28) : 64,92 x 60 % = 38,95 € par jour
- Indemnité (jours 29 à 40) : 64,92 x 80 % = 51,94 € par jour
Sur 40 jours, le total brut s'élève à (28 x 38,95) + (12 x 51,94) = 1 713,88 €. Ce montant sera soumis à la CSG et à la CRDS avant le versement final sur votre compte.
